Polybius-1

Dossier originalement écrit pour le site Gamerslive en 2010 !

Ne vous êtes-vous jamais demandé si vos jeux préférés pouvaient avoir une quelconque influence comportementale sur vous? Un simple changement d’humeur au ou pire des cas une influence sur vos décisions. Avez-vous eu cette simple question vous traversant l’esprit manette ou clavier en main? Se pourrait-il que de simples studios de productions malintentionnés puissent changer votre façon de penser lors d’une simple partie sans danger apparent. Rappelez-vous les mythes des images subliminales dans certains films afin d’amplifier les émotions du spectateur ou pour conditionner certaines idées propres à la personne, est-il possible de reproduire ceci dans un jeu? Cette question, certes propice au fantasme et à la paranoïa, reste sur le bout des lèvres des joueurs en mal d’histoires occultes. Mais il se pourrait qu’une tel expérience fut été créé bien avant l’avènement de la 3d et du photo-réalisme. Ce récit va nous apprendre un peu plus sur une face cachée de notre loisir favori en exposant le cas d’un titre obscur se nommant Polybius
Ce jeu surgis de nulle part alimente divers mythes et rumeur sur la toile de par ses propriétés sur l’esprit du joueur. Un comble me direz-vous, comment ce peut-il qu’un simple jeu puisse produire cet effet sur l’humain et dans quel but? Pour répondre à ces questions, je me suis donc penché sur le sujet et me suis enfoncé près des méandres de la folie pour y répondre. Un voyage éprouvant, mais qui permettra d’en apprendre un peu plus sur ce mystère…

1981, dans quelques salles d’arcade des États-Unis apparaît un jeu fort étrange et original se nommant Polybius. Selon les paroles de certaines personnes, les premiers exemplaires seraient apparus dans l’Oregon et tout particulièrement dans une ancienne salle se nommant le « Blue Diamond« . Ce titre appartient à la catégorie des shoot’em up vectorielle ressemblant à s’y méprendre au titre d’Atari, le très célèbre Tempest. Aucun producteur n’est attitré à ce jeu si ce n’est la mention d’un studio de développement curieusement nommé « Sinneslöschen« , nom a connotation allemande dont la traduction correspond à « perte des sens ». Très vite le jeu est victime de son succès et de nombreuses files d’attente devant les cabinets se forment. Tout ceci est propice à une vague série d’expérimentation et les effets sur le public ne se font pas attendre. De nombreux symptômes étranges se produisent chez les joueurs ayant eu la chance (ou la malchance?) de s’adonner a ce shoot, de nombreux rapports d’insomnie, de cauchemars chroniques ainsi que de fortes migraines et d’amnésie passagère induisant parfois une détérioration de la santé mentale sur les joueurs se produisent. La peur collective suite à ces états déviants est d’autant plus amplifiée par le témoignage de certains affirmant la visite « d’hommes en noir » venant récupérer les recettes des différents cabinets ainsi qu’une collecte d’information. Ces faits alimentent énormément la suspicion d’une organisation secrète du gouvernement qui est alors très forte dans l’esprit de la population à cette époque. Suite à ces événements, le jeu est retiré du marché, soudainement, en ne laissant aucune trace de sa réelle existence…

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Pour nous tous, il est vraisemblable que ce genre d’histoire rapporté tel quel, laisse paraître une pure fiction induite par d’anciens joueurs en recherche d’histoire surnaturelle sur leurs médias favoris, générant ainsi un effet de curiosité de la part des gamers avides d’étrangeté. Mais ce n’est sans compter sur la résurgence de ce mythe grâce à la bulle internet…

Le 20 mars 2006, une personne du nom de Steven Roach vient de publier sur le site coinop.org un article prouvant son implication dans la fameuse société ayant eu a sa charge la production de ce titre. Selon ses dires, Sinneslöschen était situé en Amérique du Sud. Le but de ce studio était de promouvoir et de créer une nouvelle approche en utilisant le procédé de graphismes vectoriels dans leurs jeux. C’est ainsi qu’est développé Polybius sur ce concept malheureusement abandonné, car l’interface si « innovante », soit elle a l’époque, provoquait des nausées et déclenchait de violentes crises d’épilepsies sur les sujets photosensibles. Le titre fut rappelé de sa chaîne de distribution, le studio démantelé et le programme originel perdu.

Entre temps une nouvelle dans la communauté MAME (logiciel d’émulation arcade) fit grand impression. Puisqu’un membre publia son propre dump de la rom de ce fameux jeu en mettant en évidence la liste du contenu des éléments, intégrant ainsi la liste des roms émulés par le logiciel, mais sans réelle disponibilité et aucune gestion de la part de MAME sur cette rom. Plusieurs utilisateurs confirment la possession de ce jeu et relatent, bien évidemment, les effets terribles produits sur leurs propres personnes.

S’ensuit un engouement particulier pour cette légende, générant nombre de discussions passionnées sur certains forums spécialisés, allant se répandre jusqu’aux hautes sphères des médias. On notera une apparition de la borne d’arcade dans un épisode des Simspons lors de la visite de Bart dans une ancienne salle de jeu.

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D’autant plus que le 20 juillet 2007 des fans fanatiques de la mythologie Polybius remettent en service la société Sinneslöschen par le biais d’un site web ainsi que la création de cet enfant terrible en version PC, reproduisant le jeu tel qui devait être à l’époque, en se basant sur le témoignage de Steven Roach lors de différents entretiens. Cette reproduction se présente sous forme d’un Freeware au format binaire, fournis avec des artworks du cabinet arcade pour les bricoleurs assidus souhaitant reproduire l’objet de convoitise. Disponible a cette adresse :http://www.sinnesloschen.com/1.php , je vous conseille de réfléchir a deux fois avant de lancer le téléchargement et si l’envie vous prenez de le tester.

En effet votre hôte, a eu l’audace et le courage de ce risquer a une torture mentale infligée en connaissance de cause. Le jeu ce lance sur un bel écran d’avertissement déconseillant toute personne « a risques  » de se jeter dans l’aventure, quelques paramètres dans le menu caché via une manipulation des plus hasardeuses nous permet d’activer tous les effets « psychotropes » disponibles. Quitte a plonger en enfer autant y aller a fond et me voici lancé dans l’expérience en activant la totalité des effets indésirables. Lumières éteintes, plongé dans l’obscurité totale afin de m’immerger intégralement, l’écran titre s’illumine sous mes yeux. Je reprends mon souffle et décide de patienter un instant avant d’appuyer sur le bouton fatidique qui débutera la partie. Une démo se profile devant vous, mais quelque chose se dégage doucement de ce logiciel, une atmosphère pesante et indescriptible, comme si vous étiez observé ou qu’une personne joue avec vos impressions. Détournant lentement mon regard pour pallier à cette sensation et ainsi rechercher une éventuelle présence, je me résigne à scruter les ténèbres pensant à un effet d’autosuggestion. Soudainement une voix fantomatique se fit à peine perceptible dans les écouteurs de mon casque audio. Mon cœur ne fit qu’un bon, « Nom de Dieu qu’est-ce que c’était ? » Il m’a bien semblé entendre « why dont you play? » comme si le jeu s’adressait directement à moi et jouait avec mon angoisse qui se fait ressentir. Mes craintes furent confirmées lorsque je vis un crédit venir s’afficher sur le tube lumineux de mon écran. « Je n’ai rien fait encore pourtant » me dis-je tout en essayant de me rassurer, non sans esquisser un sourire tremblant des plus nerveux…

Image de prévisualisation YouTube

J’appuie lentement et fébrilement sur la touche espace de mon clavier ce qui a pour effet de lancer le jeu introduit par une bande-son assez pesante. Le principe se veut simple et original, vous contrôlez un vaisseau dont le but est de répondre aux assauts d’une base sphérique. Chaque base a une jauge de vie exprimée par un chiffre, lorsque ledit chiffre tombe à 0 et lorsque vous avez renvoyé toutes les parties numérotées afin d’y arriver vous changez automatiquement de stage. Ce qui est inhabituel c’est le fait de ne pas contrôler le vaisseau, mais l’aire de jeu tout entier, puisqu’il faut le faire pivoter pour atteindre sa cible. Le premier stage ce passe sans encombre, cependant quelque chose de curieux se déroule à l’écran. Une impression de voir du texte en fond, impression qui se confirma lorsque je vins à déchiffrer la directive « obey », apparaître furtivement en une fraction de seconde. La vieille technique de message subliminal est utilisée pour vous donner un avant-gout de ce qui suis : effets optiques, provoquant de légères hallucinations lorsque l’on détourne son regard, flash générant une cécité temporaire et le plus oppressant est l’impression d’entendre une personne respirer et parler très faiblement malgré le bruit ambiant très typé arcade 80’s. Tout ce que je viens d’énumérer provoque une fatigue visuelle et mentale venant prendre le dessus après quelques minutes de jeux. Même pour une personne comme moi habituée aux couleurs flashy et autres effets stromboscopiques de certains shooting game…

Que faut-il retenir de tout cela? Mythes ou réalité ? Un tel jeu a t’il pu voir le jour ? À l’heure d’aujourd’hui aucune preuve matérielle ne prouve que ce jeu n’a pu exister, seuls quelques témoignages qui ont du s’amplifier avec le temps. Toutefois, une explication plausible est à retenir puisqu’il se pourrait que Polybius puisse être le prototype d’un jeu, celui de Tempest qui s’en rapproche énormément. Une citation d’un programmeur et investigateur de jeux d’arcade pour MAME expose cette idée : « Le jeu a très bien pu être un prototype de Tempest, mais rejeté du a ces effets néfastes vis a vis de la santé des utilisateurs ». Mais comme dirait l’agent Mulder tout droit sorti d’un épisode de X-Files : « I want to believe ».

Ha ! Ne vous inquiétez au sujet de ma santé psychique, je vous écrits d’une belle maison aux murs matelassés et tous les jours ont viens me faire enfiler une jolie veste trop serrée a mon gout.Une chose est sur le gouvernement nous mens… Hahahaha (rire dément)…

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